Le philosophe s’envoie en l’air

A partir de ce que vous avez vu à la télévision, lu dans les magazines ou vu sur des terrains de décollage ou d’atterrissage, sans doute avez-vous une vision un peu déformée du Parapente.

Il est vrai que les gestes techniques à accomplir pour se retrouver en l’air sont rudimentaires. Il n’y a pas d’aéronef dont la prise de commandes soit aussi rapide.

Qui se risquerait en effet, après quelques minutes d’observation, à prendre seul les commandes d’un Airbus ou d’un avion de tourisme ? Avec un Parapente, comme à la SNCF, c’est possible !

Cette simplicité relative des gestes techniques à accomplir ne doit pas masquer l’essentiel : le milieu dans lequel se déplacent tous ceux qui volent. L’atmosphère est un milieu en mouvement perpétuel. La difficulté, pour tout pilote, est de maîtriser ces multiples mouvements afin d’éviter les pièges (ils sont parfois redoutables, sans jamais être peints en rouge ou signalés par un panneau), mais aussi de profiter des ascendances et du vent pour rester des heures en l’air pour flirter avec le nuages ou (et) aller découvrir d’autres horizons en parcourant des dizaines de kilomètres.

A la fin de ces deux journées d’exercices, vous éprouverez vos premières sensations fortes lors de petits vols d’une centaine de mètres de dénivelé. Vous serez alors guidé par radio, par deux moniteurs, du décollage à l’atterrissage.

Et lorsque nous vous estimerons suffisamment sûrs de votre technique (après 4, 5, …10 petits vols, cela dépendra d’abord de vous), et si les conditions atmosphériques l’autorisent, vous ferez 1, 2, 3, …8 grands vols d’ici la fin du stage. Ils ne sont pas plus difficiles que les petits mais plus longs (dénivelé de 300 à 700 mètres) donc plus gratifiants pour vous. Ils permettent, en outre, de vous faire faire des exercices que l’on ne peut pas faire « au ras des pâquerettes » : lâché des freins, pilotage aux arrières, 360, prises de terrain, …Tout cela bien sûr avec guidage radio, doublé par un guidage visuel (grosse flèche fluo immanquable en cas de panne d’oreilles, … Autant que possible, mais cela dépendra surtout des conditions météo, vous volerez sur des sites différents afin de découvrir d’autres conditions de vol.

Insistons encore sur le fait que nous ne pouvons vous garantir que vous ferez « X » grands vols. S’engager ainsi serait absurde et dangereux.

* Absurde car nous sommes extrêmement dépendants des conditions météorologiques et de vos capacités à progresser lesquelles s’avèrent être très inégales.

* Dangereux car vouloir à tout prix atteindre un nombre prédéterminé de grands vols à la fin du stage d’initiation risquerait de nous obliger à négliger la solide maîtrise des gestes de base , au détriment de la sécurité. On ne fait pas du Parapente comme on pratique le tir à l’arc, le cheval ou le golf parce qu’on veut « voir ce que c’est », ou parce que c’est « fun », ou parce que l’on veut « s’éclater ». Il faut savoir être patient et accepter de ne pas brûler les étapes de la progression pour éviter l’accident.